A l’assaut de la Chartreuse !

par Bastien Baud


Chez l’Oiseau Rare, nous valorisons les passions extra-professionnelles ! Et c’est avec fierté que nous publions l’expérience vécue par Bastien, chez l’Oiseau Rare depuis 2 ans.

Samedi 1er juin, il est 7h du matin au cloché de Saint Pierre de Chartreuse. Le soleil est encore caché derrière les sommets environnants, l’air matinal glacial vient réveiller les muscles encore endormis et il est déjà l’heure de se préparer pour l’aventure qui va débuter : Le Chartreuse Maratour, 47 km et 3400 m de dénivelé positif !



Est-ce que j’ai été fou de m’embarquer dans cette course ? Peut-être, mais plus question de faire demi-tour ! Le traditionnel stress d’avant compétition laisse place à l’impatience, l’impatience de se retrouver dans les montagnes, de se dépasser… Tous réunis derrière la ligne de départ, les regards sont fermés, le sourire en coin, chacun est concentré. Je repense aux heures passées à m’entrainer, à courir, à faire du vélo… Tout ça pour arriver à cet instant précis, le coup de feu de départ.

Les 3 premiers kilomètres nous font traverser le village avant de rapidement nous mettre à l’assaut du premier sommet sur un petit sentier de montagne, 10km de montée pour 1000 m de dénivelé. Les jambes répondent bien, les sensations sont bonnes mais il ne faut pas s’emballer, la course est longue et il ne faut pas exploser dès la première ascension. Gérer la course, voilà le mot d’ordre, écouter les signaux renvoyés par mon corps, bien s’alimenter, bien s’hydrater et tout se passera bien.



La course est un enchaînement de montées raides et descentes engagées le tout sur des sentiers de montagnes techniques avec des passages dans la neige, la boue, les pâturages, les pierriers, pas de répit pour les jambes ! Le tout dans le parc naturel de la chartreuse avec des passages en zone protégée Natura 2000. Je ferai ainsi la rencontre d’un troupeau de chamois, dévalant la pente à une cinquantaine de mètres avec beaucoup trop d’aisance…

Midi, dernier gros dénivelé, 900 m d’ascension sur moins de 10km pour passer le dernier col. Les jambes sont usées, ce sera LA difficulté de la course. Mes jambes sont lourdes, je puise dans les dernières réserves avant de redescendre sur l’arrivée. Je suis au ralentit, à chaque virage je regarde vers le haut et la seule chose que je peux voir ce sont les coureurs zigzagants de plus en plus haut mais pas de trace de ce maudit col. Impossible de profiter du paysage, la hauteur et le sentier engagé me font tourner la tête dès que je regarde plus bas dans la vallée. C’est épuisé que j’arrive en haut avec une belle récompense, une vue magnifique, face au mont blanc.



Maintenant débute les 14km de descente vers l’arrivée.

Derniers 5km, les jambes sont lourdes, ça fait mal, on voit l’arrivée de l’autre côté de la montagne. Littéralement, j’enlève le cerveau et j’augmente la cadence, tout est dans la tête à ce moment et c’est ça qui fait la différence. La course finira avec la remontée vers Saint Pierre de Chartreuse, les derniers 200m de dénivelé puis la délivrance. 8h30, une 82ème position inespérée pour un premier trail long.



L’arrivée, c’est d’abord de l’adrénaline, la joie intense, cette satisfaction d’être allé au bout, d’avoir repoussé les limites de ses capacités avec un retour sur les sensations de la course puis rapidement une projection sur le prochain défi !



Un dernier mot pour remercier l’Oiseau Rare de m’avoir soutenu sur cette magnifique expérience qui n’est certainement pas la dernière !
C’est vraiment avec un énorme plaisir que j’ai porté le maillot de l’Oiseau Rare et on peut dire que cela m’a donné des ailes !