L’Etape du Tour de France

Bastien prépare son Tour du Monde à vélo et nous régale à nouveau : après la Chartreuse Maratour il y a deux mois, présentation de Son Etape du Tour !


L’Etape du Tour, c’est une course cycliste amateur reprenant le tracé du Tour de France sur une étape de montagne.
Cette course réunit tous les ans 16 000 passionnés de vélos désireux de se mesurer à la difficulté d’une étape professionnelle dans les conditions réelles (routes fermée, spectateurs, assistance, etc.).

Cette année, l’Etape du Tour c’est :

Samedi 20 Juillet
Je retrouve les sensations d’avant-course : l’impatience, le stress, l’envie de se dépasser, la joie mais surtout l’appréhension car je ne me sens pas dans mon assiette, mon corps ne réponds pas comme je le voudrais, je ressens des tensions musculaires, des petites crampes…
J’ai toujours entendu parler du jour « sans » que le sportif peut rencontrer lors d’une épreuve et aujourd’hui je traverse cette frustration.
Tout cet entraînement et cette préparation pour arriver dans cet état de forme qui remet en question ma participation.
Stop !
J’essaye de taire ces voix et ces doutes, une bonne partie de la forme passe par le mental, il faut que je fasse confiance en mon corps et en l’entraînement que j’ai mené.

Dimanche 21 Juillet, 5h du matin
Le réveil sonne après une nuit agitée.
Ce n’est toujours pas la grande forme mais je me sens mieux qu’hier. Direction la navette qui nous mène au départ où je rejoins une horde de cyclistes endormis, le regard plein d’appréhension face à cette longue journée qui arrive.

8h52
Je m’avance sous l’arche de départ, la flamme Olympique scintille sur ma gauche, le speaker galvanise les participants et c’est parti.
Les premiers kilomètres sont anecdotiques, on traverse Albertville, à peine le temps de chauffer les jambes avant de remonter progressivement dans la vallée vers Beaufort.

Bonnes sensations, je me laisse porter par la course et je remonte les cyclistes en prenant des relais dans un groupe qui me mènera au pied du premier col : le Cormet de Roseland, 20 km pour 1 200 m de dénivelé.
La route serpente dans la forêt, et débouche devant ce magnifique cirque abritant le lac du barrage de Roseland.
Paysages à couper le souffle, je me sens pousser des ailes dans ce genre de paysages !

12h30
Pas le temps de s’arrêter, la descente sur Bourg-Saint-Maurice est rapide et accidentée, je débarque ainsi dans la vallée pour mon premier ravitaillement.
Il fait 30 degrés, la chaleur pèse sur les organismes.
Je continue le long de cette vallée pour me diriger vers la difficulté suivante : la côte de Longefoy.
Je me sens bien, je suis mes sensations et je décide d’accélérer dans la montée. Je remonte des places au classement avant de redescendre plus bas vers Moutiers.

Je commence à ressentir la fatigue du trajet, il reste 35km de montée…
Cela va être difficile !

A peine le temps de se ravitailler au pied de cette dernière ascension vers Val Thorens, je repars de plus belle.
Je mesure l’ampleur de cette dernière ascension très tôt en voyant les visages marqués des cyclistes arrêtés sur le bord de la route, assis le regard dans le vide, au bord du malaise.
En effet, la route est difficile, il n’y a pas d’air, le soleil écrase les coureurs. Les héros du jours sont ces habitants réquisitionnés par l’organisation pour arroser les cyclistes avec les tuyaux d’arrosages.

C’est après une dizaine de kilomètres que j’exploserai : à mon tour de m’arrêter, je suis au bout de l’effort !
Je prends quelques minutes pour reprendre mes esprits et je repars en marchant. Je remonte sur le vélo quelques minutes plus tard et je rejoins le dernier ravitaillement à 15km de l’arrivée.

J’arrive 20 minutes après la barrière horaire, l’aventure s’arrêtera malheureusement ici, .

Allongé, je cogite…
Déception, Colère, je cherche le responsable de cet échec dans un premier temps.
La fatigue, l’entraînement, les organisateurs de la course et les barrières horaires ?
Et puis, une citation me vient en tête : « Ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin ».
Aujourd’hui, je me suis vraiment dépassé et je suis arrivé aux limites de mon corps, la course a été plus forte.

Mais je reviendrai plus fort !