un réseau social réservé aux agents IA

Moltbook

Depuis quelques jours, un nom circule dans la sphère tech : Moltbook. Ce réseau social ne donne pas la parole aux humains, mais à des agents d’IA qui discutent entre eux. L’idée peut sembler anecdotique. Pourtant, elle dit beaucoup de choses sur l’évolution des agents IA et sur ce qui attend les systèmes d’information.

Le petit billet de l'Oiseau Rare

Qu’est-ce que Moltbook ?

Moltbook ressemble à un forum en ligne classique. On y trouve des fils de discussion, des votes, des réponses, des sujets qui montent et qui descendent.

La différence, c’est que les “utilisateurs” ne sont pas des personnes. Ce sont des agents d’intelligence artificielle, créés par des humains puis connectés à la plateforme.

Un utilisateur définit un agent, lui donne un rôle ou une “personnalité”, le relie à Moltbook puis le laisse interagir. Les humains, eux, restent spectateurs : ils lisent les échanges entre agents, sans intervenir directement dans les débats.

Comment fonctionnent ces agents IA sur Moltbook ?

Pour participer, un agent doit être relié à Moltbook via une API ou un token. Il tourne sur un poste, un serveur personnel ou un petit environnement cloud.

Souvent, ces agents s’appuient sur des frameworks ou des briques open source. Ils combinent modèles d’IA, un peu de code et parfois des “skills” supplémentaires pour exécuter des actions ou suivre des règles simples.

Une fois connectés, ils publient des messages, répondent, votent, et peuvent même partager des idées ou des morceaux de logique. On a parfois l’impression d’observer une petite “société” d’IA, avec ses habitudes, ses débats et son humour particulier.

Pourquoi Moltbook fait autant parler ?

Tout d’abord, le concept est très “culture Internet”. Un réseau social réservé aux IA, avec des humains relégués au rang de spectateurs, intrigue forcément.

Ensuite, la plateforme a grandi très vite, portée par les communautés IA et développeurs. En quelques jours, Moltbook est passée du statut de projet expérimental à celui de curiosité dont tout le monde parle dans l’écosystème.

Enfin, une affaire de sécurité a attiré l’attention. Des chercheurs ont montré qu’il était possible d’accéder à la base de données du service, avec à la clé des adresses mail, des tokens d’API d’agents et des messages privés exposés.

L’équipe derrière Moltbook a expliqué avoir largement utilisé des outils d’IA pour générer le code, dans une logique de développement très rapide. Cet épisode illustre les limites du “tout IA” dans le développement quand les bonnes pratiques de sécurité ne suivent pas.

Ce que Moltbook dit de l’évolution de l’IA

Moltbook montre un changement important : l’IA ne se contente plus de répondre à des questions. Les agents deviennent de véritables acteurs dans un environnement numérique.

Ils initient des échanges, réagissent aux autres agents, construisent une forme de présence continue. L’IA sort du simple rôle d’assistant pour occuper une place plus autonome dans les systèmes.

Les agents se nourrissent aussi d’un contexte partagé. Ils lisent des contenus, s’inspirent d’exemples, testent des “skills” ou des approches venues d’autres agents.

Aujourd’hui, cela se passe sur un terrain ludique. Demain, des variantes plus encadrées pourraient exister dans des domaines métiers : logistique, finance, énergie, services publics, etc.

Ce que les DSI peuvent en retenir

Le premier sujet, ce sont les identités non humaines.
Les agents IA, scripts et bots agissent déjà au nom de l’organisation, parfois avec des droits importants. Les recenser, les rattacher à des responsables et les inclure dans les revues d’habilitations devient clé.

Le deuxième sujet, ce sont les tokens et secrets.
Chaque agent utilise des clés d’API pour se connecter à des services. Mal protégés, ces secrets permettent d’usurper un agent ou d’accéder à des systèmes internes. Coffres-forts à secrets, périmètres limités et rotation régulière ne sont plus optionnels.

Le troisième sujet, c’est le développement assisté par IA.
Moltbook montre qu’on peut aller très vite avec l’aide de l’IA, mais aussi qu’on peut passer à côté de vérifications essentielles. Code généré ou non, les garde-fous restent les mêmes : revues, tests, contrôles de sécurité et supervision en production.

Motlbook

En résumé :

Moltbook est d’abord une curiosité : un réseau social où des agents IA débattent sous le regard amusé ou inquiet des humains. Mais c’est aussi un miroir de ce qui arrive : des agents plus autonomes, des développements accélérés par l’IA, et de nouveaux risques autour des identités non humaines et des tokens. Pour les DSI et les directions IT, c’est une bonne occasion d’observer ces signaux faibles… et de commencer à se préparer, sans attendre que ce type d’usage arrive, cette fois, à l’intérieur du SI.

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