un nouveau risque pour les DSI

Cloud & géopolitique

Le cloud est devenu une infrastructure essentielle pour les entreprises. Applications métiers, données et plateformes critiques reposent désormais largement sur des infrastructures cloud. Cette dépendance pose cependant de nouvelles questions. Les incidents récents ayant touché des data centers rappellent que l’infrastructure cloud peut aussi être exposée à des risques physiques ou géopolitiques. Les directions des systèmes d’information doivent donc intégrer ces nouveaux scénarios dans leur réflexion sur la résilience des systèmes.

Le petit billet de l'Oiseau Rare

Pourquoi le cloud est devenu une infrastructure critique ?

Depuis plusieurs années, les entreprises migrent progressivement leurs systèmes d’information vers le cloud. Les hyperscalers offrent des infrastructures capables de supporter des volumes importants de données et des applications critiques.

Cette évolution permet aux organisations de déployer rapidement de nouveaux services, d’adapter leurs ressources informatiques à la demande et d’améliorer la disponibilité des applications.

Dans ce modèle, les fournisseurs cloud s’appuient sur des régions et des zones de disponibilité afin de limiter les interruptions de service. Les applications peuvent être répliquées sur plusieurs infrastructures afin d’assurer une continuité d’activité.

Toutefois, cette architecture repose sur certaines hypothèses. Elle suppose notamment que les infrastructures physiques restent accessibles et que les incidents restent localisés.

Quand l’infrastructure cloud devient une cible

Les événements récents montrent que ces hypothèses peuvent être remises en question. Des attaques de drones ont endommagé plusieurs data centers d’Amazon Web Services au Moyen-Orient, perturbant plusieurs services cloud dans la région.

Ces incidents rappellent que les data centers restent des infrastructures physiques. Ils peuvent donc être affectés par des conflits, des catastrophes naturelles ou d’autres événements majeurs.

Dans ce contexte, l’infrastructure cloud ne constitue plus seulement un enjeu technologique. Elle devient également un enjeu stratégique et parfois géopolitique.

Pour les entreprises, cela signifie que certains scénarios extrêmes doivent désormais être envisagés dans la gestion des risques.

Les limites des architectures cloud classiques

Les architectures cloud reposent souvent sur un principe de haute disponibilité basé sur plusieurs zones de disponibilité au sein d’une même région.

Ce modèle permet de gérer efficacement de nombreux incidents techniques, comme des pannes électriques, des problèmes matériels ou des interruptions réseau localisées.

Cependant, ces architectures montrent leurs limites lorsque plusieurs infrastructures sont touchées simultanément ou lorsqu’une région entière devient indisponible.

Dans ce type de situation, certaines applications peuvent être fortement perturbées si elles dépendent d’une seule région ou d’un seul fournisseur cloud.

Ces scénarios restent rares, mais ils montrent que la résilience ne dépend pas uniquement de la technologie utilisée.

Multi-région et multi-cloud : quelles stratégies ?

Pour limiter ces risques, certaines organisations choisissent de répartir leurs applications sur plusieurs régions cloud.

Cette approche permet de continuer à faire fonctionner certains services même si une région devient indisponible. Toutefois, elle implique une architecture plus complexe et des coûts supplémentaires.

Certaines entreprises envisagent également des stratégies multi-cloud, qui consistent à utiliser plusieurs fournisseurs pour réduire la dépendance à un acteur unique.

Dans la pratique, ces stratégies doivent rester pragmatiques. Toutes les applications ne nécessitent pas le même niveau de résilience. Les organisations doivent donc identifier les services réellement critiques avant de définir leur architecture cible.

Tester les scénarios de reprise d’activité

La résilience d’une architecture ne se limite pas à sa conception. Elle dépend aussi de la capacité des équipes à gérer une situation de crise.

Les plans de reprise d’activité doivent donc être testés régulièrement. Ces tests permettent de vérifier que les procédures fonctionnent réellement et que les équipes savent réagir en cas d’incident majeur.

Dans de nombreux cas, les tests de reprise révèlent des dépendances techniques ou organisationnelles qui n’avaient pas été anticipées.

Ces exercices constituent donc un levier important pour améliorer la résilience des systèmes d’information.

Le rôle des DSI face à ces nouveaux risques

Dans ce contexte, les directions des systèmes d’information doivent intégrer ces nouveaux risques dans leurs décisions d’architecture.

Les choix d’hébergement ne reposent plus uniquement sur des critères techniques ou financiers. Ils doivent également prendre en compte la dépendance à certaines infrastructures et la capacité de l’organisation à faire face à des événements imprévus.

La résilience devient ainsi un enjeu stratégique pour les DSI.

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En résumé :

Le cloud offre des capacités importantes en matière de disponibilité et de performance. Cependant, les événements récents rappellent que les infrastructures numériques restent liées à des réalités physiques et géopolitiques.

Pour les DSI, l’enjeu consiste désormais à concevoir des architectures capables de résister à des scénarios plus complexes, tout en restant adaptées aux besoins de l’entreprise.

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L’Oiseau Rare accompagne les DSI dans la réussite de leurs projets IT les plus stratégiques. Gouvernance, cybersécurité, cloud ou innovation : nous mettons en place des approches pragmatiques et adaptées à chaque contexte. Notre ambition est simple : aider les organisations à transformer leurs enjeux technologiques en leviers de performance durable.